L’Église

Eglise de Strasbourg

Eglise de Strasbourg

Il est treize heure vingt deux exactement. Je ne sais pas pourquoi tout à coup chaque détail me frappe. Je suis assise sur ce banc dans l’église où règne un mélange de calme douteux,  une odeur de boulamite imprégnée dans toute la structure qui chatouille mon nez,  me laissant le visage grimaçant de dégoût. Je suis assise,  droite,  les mains froides formant une alliance pour trouver un semblant de chaleur.

J’observe la clientèle éclectique qui passe.

Je ne suis pas croyante.  Ni en Dieu, ni en Allah, ni en Bouddha ni rien.  Je crois en la force qui subsiste en chacun de nous.  Je crois que tout part de soi.

J’ai souvent fréquenté les églises pour leurs impressionnantes architectures.  Chacune d’elle est empreinte d’histoires, de réunions, de communions.

Quand je me retrouve dans l’une d’elle, un changement s’opère en moi.  Un calme inexplicable m’habite.  Tous les stress de la vie quotidienne disparaissent, ne m’appartiennent plus.  Pendant l’ombre d’un instant je fais fi de tout et je prends le temps de me retrouver, de faire un tour dans mon monde intérieur.

Pour certaines personnes, ça peut être terrifiant.  Sommé d’un vide, d’une peur.

S’il y a bien une personne que l’on connait mal c’est bien soi-même!  On peut penser bien se connaitre mais c’est lorsque l’on s’arrête que l’on se rends compte souvent du vide qui puisse nous habiter.

Quand, dans ma vie, tout me semblait trop gros, trop grand, trop triste, trop fort, trop joyeux, j’ai pris le temps de me ressourcer.

Nul besoin d’une église pour le faire.

Avez-vous pris le temps dernièrement, même en vacances, de prendre ne serait-ce que quelques minutes juste pour vous???

 

Garder la tête froide face au bonheur

Depuis quelques temps je réfléchis beaucoup à ce que devient notre société derrière internet, les selfies, facebook et tout le reste que je puisse oublier.  Devant l’immensité de toutes ces informations, il n’est pas difficile de se remettre en question et de se demander si, notre petit moi – individu que nous sommes, notre vie n’est pas un peu plate comparativement à la planète!

J’ai d’abord réfléchi sur ce besoin constant de performance, d’excellence et de dépassement. Il pleut des affichages de gens ordinaires se dépassant dans un sport, une activité, un événement. Sur nos réseaux sociaux nous faisons des marathons, donnons à des organismes, participons à des événements courus, avons des vacances de rêves…

 

 

Non la vie en ligne n’est pas une réalité absolue.  Être à un endroit X, faire une chose Y n’est pas un gage de bonheur.  Une cage dorée n’est pas le bonheur.

Je dirai que le bonheur c’est comme le vent.  Il vient il repart.  On ne peut pas le voir.  Il n’est pas quantifiable.  On ne peut pas avoir un morceau de bonheur.  Le bonheur est fluide et incalculable; c’est comme vouloir tenter de calculer à l’infini.

Remarquez combien il peut être difficile de s’arrêter et de prendre le temps d’écouter une personne qui vous dit que sa vie c’est de la merde.  On ne veut pas l’entendre.  Tra la la la lère, les deux mains sur les oreilles.  Nous désirons voir le beau, le bon, le cool, le faux bonheur de l’argent et du succès.

Le bonheur c’est comme une plante qu’on doit arroser, c’est une petite bibitte qui habite en nous et qu’on doit nourrir.

Un jour je me suis retrouvée seule: sans obligation familiale, sans amis, sans rien.  J’ai ressenti un vent de panique: j’avais du temps pour moi, je me retrouvais seule face à moi-même. Je réalisais que ma vie tourne autour des autres.

C’est là aussi que j’ai réalisé l’importance de prendre soin de soi, de se faire plaisir (quoi que j’ai une bonne moyenne en la chose!).  Ce jour là je n’ai rien accompli d’extraordinaire aux yeux du monde entier: je ne suis pas allée courir, je n’ai pas transformé ma maison en magazine de décoration intérieure, je ne suis pas allée visité une place exotique, ni rencontré « the people of the moment ».  Non, cette journée là je me suis arrêtée, je me suis demandé à moi-même ce que je voulais.  Dure question de savoir ce que l’on veut.  J’ai lu un livre.  Une bonne partie de la journée.  Je n’ai rien fais.  Pas de ménage, pas de téléphone, pas d’ordi.  Même pas un souper.

Le bonheur c’est peut-être juste de revenir à soi, de revoir nos priorités, de revoir sa vie et de faire les choses pour soi et non pour les autres? Personne n’a a envier les autres.  Ça part de soi.

Le bonheur pour vous c’est quoi?