Apporte, je m’amène…

Ici c’est la confusion verbale dans ma tête.  Pourquoi? Parce que je n’arrive pas à me rentrer dans la tête la différence entre apporter et amener.  Pourtant j’ai réussi haut la main à ne plus mettre de « rai » après un « si » (On dit « si j’avais » et non pas « si j’aurai » NDLR)

Alors je lance à qui mieux mieux des « amène-moi ceci ou cela  Petit hom » … c’est une vraie blague.  Chaque fois que j’utilise les mots amener et apporter, il y a un gros point d’interrogation sur ma tête.

Ce n’est pas sans effort que mon Hom me rappelle : On apporte une chose, on amène quelqu’un.  Pourtant…

Soupir, je travaille là dessus!

À qui je ressemble le plus?

Je ne suis pas une personne connue.  Dans ma vingtaine, je rêvais secrètement d’une vie publique.  Aujourd’hui, pas mal moins.

Ne pas être connue a des avantages: je peux sortir comme je veux, quand je veux, où je veux.

Je peux ne pas être de bonne humeur une journée.  Je peux rentrer dans un magasin sans que tout le monde me pointe du doigt et chuchoter des gentillesses ou des méchancetés à mon égard.

Parfois j’ai des doutes.  Pourquoi?  Parce que les gens qui me rencontrent pour la première fois ce n’est pas rare qu’on me dise « je te connais toi… on s’est vu quelque part » ou  » tu ressembles à…. »

Non on ne se connait pas.  Non tu ne me connais pas et je ne te connais pas.  Non tu n’as pas vu mon visage à la télé ou dans les journaux.  Non je ne suis pas une personne connue.

N’empêche que ça l’air que j’ai la tête d’une célébrité!  Oui mes amis je suis une inconnue connue!

Rapprochez-vous de votre écran un petit peu, je vais vous dire un secret:

Je ressemble à …

Annie Villeneuve, à Madonna, à Véronique Cloutier, à Véronique Dicaire…

Euh permettez-moi d’en douter un peu, pas mal beaucoup.

Ceux qui me connaissent bien n’y voient aucune ressemblance avec ces personnes publiques.

Pourtant, je vous le dis: on m’arrête souvent pour me dire que je ressemble à « tsé là la fille là… tsé elle est blonde pis… »

C’est QUI cette fille là hein?  C’est QUI?????

Y’a des jours où je pourrai croire que le TRUMAN SHOW c’est moi!!!!

Comment ça se fait que les gens « me connaissent »?  Je ressemble tellement à quelqu’un que quelqu’un connait…

Cou donc je dois avoir un visage commun!

Crises après crises

Mon blogue ne parle pas trop souvent de bébé.  Mais là j’ai besoin de références, de vécu, d’expérience de vie, de quelque chose à quoi me rallier pour ne pas sombrer dans une grande dépression.

C’est que, voyez-vous, ce petit visage d’ange innocent qui semble tout doux comme un agneau a hérité d’un fichu caractère.  Le mien probablement quoi que mon hom ne donne pas sa place non plus!

Ce petit hom là, aussi gentil et agréable puisse-il être, se transforme aussi en grand monstre à la moindre contrariété.  N’essayez pas de lui enlever un objet non approprié pour son âge c’est la crise.  Parfois, en remplaçant le dit-0bjet par un autre qu’il ne connait pas suffit à éviter le pire.

D’autres fois, rien à faire: c’est la danse du bacon.  Mon bacon à moi aime frétiller dans la poêle de façon incroyable: coup de pieds par terre, il se cogne la tête partout, il roule!  Un spectacle à chaque coup, entrée gratuite à qui veut bien voir!

Sauf que ces temps-ci le « d’autres fois » c’est à tous les jours.  Souvent c’est en rentrant le soir.  Je soupçonne la fatigue puisqu’il se réveille à 5h30 (de son plein gré!) pour ne dormir que 2h sinon moins dans toute sa journée à la CPE.

Mais ce matin il s’est levé, je lui ai donné son biberon.  Je m’assois avec lui dans le salon.  Toute mon attention est pour lui et non pas la télé ou mon ordi.  JE SUIS LÀ et présente.  Il n’a pas fallu 1h que nous soyions debout que la crise a recommencée.  Il me semble qu’il s’est levé « fatigué » alors tout de suite j’ai opté pour la sieste.  Il a dormi 2h.  À son réveil, il joue un peu autour, mange avec papa puis je le prends pour aller l’habiller.  Encore une fois la crise…

Et c’est comme ça à presque tous les jours…

L’élément déclencheur n’est pas toujours le même: parfois c’est dans le bain car je lui demande de rester assis.  On ne se lève pas dans le bain.  Je ne sais pas si vous avez déjà eu du bacon dans une baignoire mais c’est du sport!  Parfois c’est lorsqu’on change la couche, parfois c’est quand on l’habille, parfois c’est quand il joue, parfois c’est quand il mange.

Est-ce un test préparatoire pour son entrée à la petite enfance?  Je ne voudrais surtout pas couler moi là!

Alors c’est quoi ça?  Car j’ai rayé de la liste un potentiel mal.  Bon peut-être les dents mais pas de fesses rouges à l’horizon, pas de constipation, il mange la même quantité de bouffe que nous (oui oui!).

Je dois vous avouez que nous sommes à bout de nos ressources.  Les crises arrivent n’importe quand.  À la maison comme à l’extérieur.  Nous avons la climatisation alors ce n’est pas la chaleur non plus.

Je mets souvent cela sur le dos de la fatigue et je tente de le coucher.  À presque tous les coups il s’endort en moins de 15 minutes – crise incluse bien évidemment.

Alors, ce cher petit ange à l’aube de ses 15 mois est-il en train de nous préparer solide le « terrible two »???  J’en ai la chienne… non mais vraiment!

J’ai tenté la méthode douce: je lui parle calmement, comme si je ne remarquais pas sa crise.  Ça ne fonctionne pas.  J’ai tenté le ton ferme avec un « ça suffit! » et des yeux pas contents.  Pas de résultats.  J’ai tenté de l’ignorer.  Ça je pense que c’est le pire; j’ai trouvé que la crise durait plus longtemps.  J’ai tenté de lui changer les idées; on ne fait pas changer d’idée à un petit hom qui a du caractère!

Alors c’est quoi ça? Parce que ça sent le burn-out maternel dans ma cuisine moi là!

Je m’en suis remise à la lecture de 1000 livres sur l’obéissance, un guide sur les 0-2 ans, des livres sur l’éducation, des livres sur la gestion de crise…

En sommes-nous déjà rendu à une rencontre avec Dr Nadia au Canal Vie???????

Vivez-vous cela à tous les jours des crises avec vos enfants?

Si oui, bravo si vous dites oui à plus d’un enfant.  Moi j’ai déjà donné ma démission pour la fratrie!

À genoux

Il était là.  La main tendue.  Se tenant droit sur ses genoux.  Il tenait ses mains comme lorsque l’on communie.  Il attendait patiemment que quelqu’un lui donne de l’argent.

Il était noir. 

Il était là à la sortie du terminus de banlieue.  Là où les gens mieux nantis passent chaque jour.

Personne ne le regardait.  Tous l’ont ignorés.

J’aurai voulu aller près de lui.  L’aider à se relever et lui dire qu’il n’avait pas à être à genoux pour quémander.  C’était l’ultime humiliation à mes yeux. 

Dans son regard il n’avait plus de fierté.  Il suppliait.  Il était là à genoux.

J’ai eu un pincement à l’âme.

Comme le reste des gens, j’ai poursuivi mon chemin en silence.  Sans rien faire.

Je vais rester longtemps marqué de cette image dans ma mémoire.  J’ai souvent vu des gens quémander.  Tous les jours.

Mais cet homme à genoux, son regard désespéré m’aura marqué à tout jamais.

Je ne l’ai vu qu’une seule fois. 

Parfois je me demande si ce n’était pas le fruit de mon imagination.  Pour me faire réaliser toute la chance que j’ai dans la vie…

Générique ou original madame?

Je ne suis pas une grande consommatrice de médicaments.  Mais l’hiver fut rude à mon égard et un enfant à la garderie ça nous ramène toutes les cochonneries inimaginables.  J’ai donc dû, à quelques reprises, prendre des médicaments prescrit par mon médecin.

À chaque fois que je me présente au comptoir de la pharmacie, la technicienne me demande : « désirez-vous le générique ou l’original »?

À cette question je ne sais jamais trop quoi répondre.  D’abord j’ai une assurance-médicament qui me couvre bien.  Je paie une infime partie du coût.  Alors le coût n’est jamais une question.  Et question de santé, s’il y a un endroit où je ne voudrais pas être avare c’est bien dans le domaine de la santé.

Je suis prête à payer moins cher pour du papier de toilette, pour des articles de moindre valeur mais ma santé c’est probablement ce que j’ai de plus précieux.  Nous l’oublions parfois quand tout va bien, quand on a rien.  Mais quand nous sommes malades c’est là qu’on réalise toute la chance que nous avons d’être en santé.

Je comprends que l’original c’est le produit qui a été crée au départ.  Le générique étant une copie.  Mais je tente de savoir pourquoi je choisirai l’original ou le générique.  Je suis encore incertaine.  Je tente de comprendre. 

Et là hier je suis tombée sur cet article: http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/sante/201006/17/01-4291125-pfizer-et-son-medicament-lipitor-sement-la-pagaille.php?utm_source=bulletinLPA&utm_medium=email&utm_campaign=retention

J’ai vu quelque part la raison pour laquelle l’original est plus cher.  Entre autres le coût de la recherche est gigantesque.  Il y a aussi des questions de brevet.

Mais les compagnies pharmaceutiques sont réputées pour faire de l’argent.  Beaucoup d’argent même.  Ils ont le gros bout du bâton : la survie, la guérison de l’humanité!  Y’a de quoi s’enfler la tête avec cela.

Et nous, consommateurs acharnés, nous aimons bien « une petite pilule » pour nous guérir de nos maux.

J’ai déjà eu dans le passé une réaction, que je trouve ridicule aujourd’hui, en sortant du bureau d’un médecin.  Il m’avait dit : « ma chère dame, prenez du repos, buvez beaucoup d’eau et au besoin du Tylenol et ça va passer. »  J’étais insultée de ne pas avoir eu une prescription!

Aujourd’hui, quand j’y pense, il avait raison et il était un bon médecin.  Il ne prescrivait pas à outrance.  Et c’est bien.

C’est reconnu: nous consommons beaucoup trop de médicaments.  Pourtant, dans bien des cas, d’autres solutions sont à notre portée: l’exercice, l’alimentation saine et le sommeil.  Mais ça, ça demande pas mal plus d’efforts que d’avaler une simple pilule!

Alors, générique ou original ma petite madame???

Downtown Montreal

Midi trente.  Il fait gris.  C’est vendredi. 

Ça grouille quand même de monde sur Ste-Catherine/McGill.

Je pars me chercher un lunch.  Shame on me.  Chaque jour je me dis que je devrais m’apporter un lunch.  En vain.  Je me retrouve que le matin je n’ai envie de rien, même pas de petit déjeuner.  Je prends à la va-vite un reste de pain sur le comptoir pour me faire des rôties au beurre d’arachide une fois arrivée au bureau.  Chaque matin je vais me chercher un café décaf  « 12 laits et un sucre ».  Ça frôle le latté en moins bon mais c’est mauditement moins cher.

Chaque midi j’ai le même dilemme: quoi manger?  Chaque midi je pars à la conquête d’un lunch, similaire à mes  ancêtres qui partaient à la chasse ou à la pêche.  Chaque midi je fais la fine bouche : pas de fast food, j’essaie de prendre un truc pas trop gras, assez santé, pas trop cher.  Ça limite mes choix.  Je me retrouve soit à manger du sushi (souvent pas mangeable quand on a goûté les sushis fins des grands restos), soit à me prendre un combo  sandwich/salade dans un resto rapide.  Parfois je succombe à la cafétéria pas mangeable.  En sélectionnant bien on finit par trouver quelques trucs passables.

Ce midi je suis partie à la chasse.  Ce midi je me suis fais prendre par les boutiques du Centre-Ville.  Une après l’autre, elles me voulaient.  Elle me voyait déanbuler la rue avec mon porte-feuille à la main.  Elles le savaient, les coquines, qu’elles pourraient me séduire d’un coup de vent!

J’ai regardé des vêtements de tennis.  Je n’ai rien acheté.  J’ai regardé une raquette de tennis.  Je ne l’ai pas acheté.  J’ai été essayé des vêtements pour le travail.  Je n’ai rien pris.  Tout ça avec un contrôle désarmant.  Toute cette missive que pour trouver un lunch.  Sur le chemin du retour vers mon bureau, j’ai réalisé le but de ma sortie: un lunch! 

Je me suis empressée d’aller au Sushi Shop du coin McGill/Cathcart.  Comme d’habitude c’était plus ordinaire qu’ordinaire. 

C’est comme ça que je me garde en forme.  Chacun son sport me direz-vous!

de tout et de rien… de rien du tout en fait!

Normalement j’ai un but quand je vous écris.  Je veux vous informer de quelque chose.  Je veux partager avec vous mes pensées, mes idées, mes trucs.

Aujourd’hui je vous écris pour vous parler de tout et de rien du tout!

Parce que ces derniers jours je n’ai pas l’âme aux mots.  Ils viennent difficilement.  Ils ne disent pas ce que je veux vraiment dire.  Comme s’ils n’étaient pas assez puissant…

J’ai commencé à travailler.  Pour vrai.  Avec mes clients et toutes les responsabilités que ça incombe.  Depuis le 1ier mai, je suis encore plus consciente que je ne suis pas à ma place.  Car une partie de mon travail consiste à préparer des états financiers.  En fait ça se fait tout seul avec l’aide de données qui sont transférées dans un système qui fait les états financiers.  Je dois les vérifier, les analyser, les réconcilier.  Et faire tout ça ça m’énerve, ça m’impatiente.  Heureusement je le fais avec beaucoup d’humour et quand rien ne fonctionne je dis milles niaiseries pour faire rire l’entourage.  Comme par exemple que je ne suis pas née pour réconcilier des chiffres qui ne balancent pas; que je suis plutôt née pour regarder les papillons voler!  Une façon de dire que je préfère rêver, écrire et lire que de travailler en finances.

Durant ma formation en administration, nous devions faire de la réconciliation.  Vous savez la colonne de gauche doit être égale à celle de droite.  C’est là que je m’emportais.  Après plusieurs essais et des échecs successifs à trouver la réponse, je lançais mes cahiers à bout de bras, frustrée comme le diable au paradis!

J’ai donc repris une partie de mes clients d’avant.  Mais le gars qui a fait le travail a bâclé pas à peu près ses tâches.  Me voici donc avec le grand plaisir de probablement devoir réconcilier des mois et des mois en arrière, de devoir refaire des états financiers mois par mois en reculant je ne sais combien de mois (dieu merci je suis partie juste 1 an!).  Voyez-vous, même si j’haïs ma job, je m’efforce de bien le faire, je tente de m’appliquer dans ce que je fais.  Je tente de m’assurer que tout roule sur des roulettes, je mets en place des techniques pour que les choses « se fassent tout seul » (des modèles, des préparations d’avance).  J’ai peine à croire que certaines personnes puissent n’avoir aucune conscience professionnelle.  Mais bon ça existe pour vrai, je vous le jure!

Alors ces derniers jours je me demande pourquoi je suis là, en finances.  Je vais continuer d’y réfléchir et je vous y reviendrai un de ses 4.   Et je sais, vous allez me dire de changer de travail.  De chercher pour autre chose.  Je sais tout ça.  Mince tentative avant mon retour officiel.  Mais quand je pense à mon champs d’expertise, difficile de me présenter chez Elle Québec pour devenir chroniqueuse!!!  Même si je suis une passionnée…

Dans un autre ordre d’idée, je suis à milles lectures en même temps.  À suivre.

Je vous reparlerai sous peu de mon expérience sans maquillage aujourd’hui!

Qu’est-ce qui rend une fille vraiment heureuse???

Sur mon heure de lunch hier midi je suis sortie marcher sur Ste-Catherine.  J’étais accompagné d’un ami proche.  Nous étions en grande conversation sur les relations humaines quand une femme m’arrête dans la rue:

–  » Je m’excuse de vous interrompre… vos souliers sont vraiment beaux.  Vous les avez pris où? »

moi, surprise par la demande je doute et dis:

– » Est-ce qu’il y a une caméra quelque part?  Suis-je filmé en plein délit de style dans une émission de télé?  Est-ce que je gagne un prix??? »

La fille en riant me dit:

–  » non non c’est vraiment juste que je les trouve vraiment beau… »

Je lui explique la provenance de mes souliers : trouvé dans une vente d’entrepôt dans le coin de l’hippodrôme grâce à Mademoiselle V pour la modique somme de 25$ (en fait c’était 2 paires pour 50$).

La passante, déçue mais en pâmoison devant mes souliers, repart bredouille mais ébahie.

Laissez-moi vous dire que cette fille-là a fait ma journée !  J’ai flotté sur un nuage de bonheur pour l’après-midi.

Moi qui doute toujours de ma tenue, je venais d’avoir la preuve que mon « kit » du jour faisait l’envie de certaines!

Si, un jour, vous croisez quelqu’un et que vous aimez particulièrement quelque chose en elle, n’hésitez pas à lui offrir ce bonheur.  Ça m’est arrivé à l’occasion et je n’avais pas osé par peur du ridicule.  Laissez-moi vous dire que la prochaine fois que ça arrive je vais donner à la suivante…

Who’s next???

Promenade urbaine

Il est midi quarante-cinq.  Je pars à la va-vite du bureau.  Je m’éclipe en douce dans la jungle urbaine.  Imper sous le bras et mon sac plus gros qu’un sac à couche me suit.  Avant de partir je n’ai rien oublié: carte d’autobus, portefeuille, retouche de rouge à lèvres.

Je me sens fébrile.  Ça fait longtemps que je n’ai pas pris le métro.

J’attends l’ascenseur.  C’est rapide.  En moins de 20 secondes une des 6 portes sur l’étage s’ouvre.  Mon collègue accourt pour ne pas le manquer – comme si c’était le dernier de la journée qui s’ouvraient sur l’étage.  Conversations anodines.

Je cherche le chemin le plus court.  Je décide d’éviter la cohue des magasins et passe par l’extérieur.  Je marche d’un pas rapide sur McGill.  Le ciel est gris mais la température est clémente.  Une douce brise prend le temps de caresser mes joues et jouer dans mes cheveux.  Je fixe au loin ma destination.  J’ai le regard ailleurs.

À l’entrée du métro rien n’a changé.  Sauf peut-être les nouvelles bornes de paiement qui fonctionnent avec la carte Opus.  Une carte à puce électronique comme on retrouve depuis déjà plusieurs années sur le vieux continent.  Je m’empresse de passer les tourniquets comme une pro qui fait cela à tous les jours.  Prendre le métro ça ne se perd pas quand on a fait cela pendant plus de 10 ans. 

Mais j’avais quand même une anticipation à la vue du métro.  À la vue de ses passagers.  Sur le quai, j’ai à peine le temps de trouver un écran géant pour lire distraitement les nouvelles et les faits divers que le métro arrive.  J’attends patiemment la sortie de ceux qui débarquent à McGill. 

Je me trouve une place assise.  Je regarde du coin de l’oeil la carte du réseau du métro affichée au mur.  Juste au cas que j’aurai pris la mauvaise direction.  Même si ça fait 1000 fois que je prends le métro à McGill.  Chaque fois j’ai comme un doute.  Parce que je suis distraite.  Et parfois je fais les choses machinalement.  Sans m’en rendre vraiment compte. 

Discrètement j’observe les gens.  La foule est ecclectique.  Les gens sont beaux.  Même les gens laids sont beaux.  Ils ont ce quelque chose qui leur appartient.  Tous ont en commun la même attitude; une attitude « dans la bulle ».  Beaucoup s’isolent par des écouteurs.  Certains plus fort que d’autres.  D’autres lisent.  D’autres font comme moi: ils obervent du coin de l’oeil.

Je me sens comme une intrue dans la jungle.  Mes cheveux blonds, mon tailleur, mes talons hauts jure avec le décor.  Je déteste cela.  J’aurai voulu avoir mes jeans et mes souliers plats pour attirer moins l’attention.

Le métro sent.  Avez-vous déjà remarqué l’odeur qui s’y trouve?  Un mélange d’air vicié et d’arachides.  Il semblerait que la senteur d’arachide soit la résultante du huilage des freins de métro qui est fait avec de l’huile d’arachide.  Oui oui je vous le dis.  J’ai lu cela quelque part – c’était l’histoire du métro de Montréal.

J’arrive à destination.  Métro Papineau.  Je m’empresse de prendre la 45.  C’est une ligne que je connais bien.  Je l’ai souvent prise avant.  Et pourtant, comme à chaque fois je suis fascinée lorsque l’on croise le Parc Lafontaine.  Dans ce parc il y a milles histoires – dont les miennes.  Dans ce parc il y a la vie, l’amour, l’exercice, la tristesse, les premiers baisers, les écureuils et les arbres centenaires.  Il y a les vieux, les vélos, les canards, le lac.  Il y a assez de choses à raconter pendant une vie entière. 

Mes pensées sont encore au parc quand j’arrive à ma destination finale sur le boulevard Saint-Joseph.  Je croise pendant ma marche deux employés de la Ville en train de scier un tronc d’arbre qui n’est plus.  Un arbre qui devait avoir 100 fois mon âge.  J’étais triste pour lui.  Il a fini par quitter la ville pour aller dans le paradis des arbres.  J’espère qu’il est heureux là où il est…

Mon retour  s’est fait s’en m’en rendre compte.  J’étais encore obnibulée par mon allée à ma destination et mes rêveries.

Arrivée au bureau, j’ai retrouvé mes semblables: des gens de la banlieue, des gens habillés comme moi, des professionnels. 

Assise à mon bureau je me suis demandée si tout ça avait vraiment existé ou si je n’avais pas rêvé de ma vie d’avant: ma vie de fille urbaine…

Je sors du garde-robe!!!

Demain c’est le 22 mars.  Demain je sors de mon garde-robe.  Finis les journées en jeans, finis les jours en souliers à talons plats.  Finis les journées avec mon ti kit de jogging .

Demain c’est le retour des jupes, des robes, des tailleurs, des pantalons habillés, des bottes hautes et des souliers à talons hauts.

Finis les cheveux attachés à la va-vite.  Fini le maquillage subito-presto en 1 min 40 secondes.

Finis « avoir le temps de »…

Parce que demain le 22 mars c’est le retour au travail.  Comme ça.  Tout bêtement.  Sans chichis.  Retour au boulot pour les 27 prochaines années!!!! Ichhhhhhh… vu comme ça, ça fesse dedans!

Mais, d’ici peu, vous aurez droit aux nouvelles chroniques du Centre-Ville!  Ça ça va être drôle… 😉 

Stay tune