Les manifestations, la grève et les étudiants.

Depuis le début de la grève, je résiste à la tentation de commenter quoi que ce soit.

J’ai, moi aussi été étudiante. Chaque sou que je faisais comptait . Mes parents n’ont pas payés mes études, ni mon appartement et ni ma bouffe. J’ai débuté mes études en Ontario. Puis le coût plus élevé de la vie à Ottawa m’a décidé à déménagé au Québec même si j’ai dû retourner au cégep plutôt que l’université.

Après mes études, un DEC en finance et plus de 22000$ de prêt étudiant à rembourser j’ai travaillé, je me suis perfectionné, j’ai fais mon CCVM. J’ai eu la chance de perfectionner mon anglais en habitant en Ontario.

Je n’ai peut-être pas eu le parcours le plus facile. Aujourd’hui je travaille en finance, avec des collègues ayant tous des bac, des CFA, des MBA. Je travaille fort encore aujourd’hui pour terminer mon BAC à temps plus que partiel. C’est mon souhait le plus cher.

Je pourrais être de ceux et celles qui souhaite voir le gel des.frais de.scolarité, je pourrais être celle qui appuie les étudiants dans cette grève qui prend des proportions ridicules.

Il n’en est rien. L’éducation c’est ce qui est le plus important à mes yeux après la santé.

Mais on oublie que tout a un coût et que rien n’est gratuit dans la vie. Si ce n’est pas moi qui paie, ça sera quelqu’un d’autre. Et indirectement c’est aussi tout le monde qui finit par payer: si c’est le gouvernement ce sont nos impôts, si ce sont les étudiants ce sont eux qui auront une moins grande dette sociale dans 20 ans. Une éducation ce n’est pas une dette, ce n’est pas une dépense, c’est UN I-N-V-E-S-T-I-S-S-E-M-E-N-T !

Si vous ne mettez pas d’argent de côté pour votre retraite, est-ce que la société doit vous payer un condo de luxe à 65ans?

Le vrai débat est de savoir jusque ou la société doit payer.  Avons-nous les moyens?  Doit-on continuer à s’endetter en tant que société et continuer de faire comme si de rien n’était?

Ça ressemble étrangement à ce que les ménages font: un surendettement.  Les gens veulent tout, tout de suite.  La tête dans le sable, on paie plus tard.

L’éducation c’est notre avenir personnel qui est en cause, c’est notre chance d’avancer et de pouvoir s’investir pendant plus de trente ans dans notre profession.

La hausse des frais de scolarité n’est pas une hausse pour faire chier le peuple.  La hausse est une réalité des coûts qui doivent être assumés pour le fonctionnement de notre système d’éducation.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de failles.  Il y a surement des moyens de réviser l’allocation des dépenses et des investissements, de mettre en place des comités de surveillance, de demander l’avis de la collectivité face à certains investissements.

Poursuivre le gel des frais de scolarité c’est choisir de se mettre la tête dans le sable, de croire en la pensée magique que tout se paie par le saint-esprit.

Travaillant au centre-ville, j’ai vu les manifestants des derniers jours dans les rues.  Ces manifestants ne sont pas l’image des étudiants.  Ils sont davantage l’image de voyous bien heureux de pouvoir manifester une haine contre la société en général en se défoulant devant les caméras à coup de « finger » et de grimaces à qui veut bien les regarder.

Dire que le gouvernement pousse à cela est peut-être une bifurcation des accusations à qui cela devrait revenir: les médias.

Aujourd’hui tout le monde cherche son moment de gloire et quand les caméras sont là, trop fiers d’attirer l’attention, les gestes inopportuns se poursuivent.

Le vrai mal ce n’est pas la hausse des frais de scolarité; c’est ce besoin viscéral d’une société en manque de se faire écouter, de se faire entendre et respecter.

Mais pour se faire respecter, il faut savoir respecter les autres…

Je me sens à contre courant de dire que le gouvernement Charest est peut-être un des meilleurs gouvernements que nous puissions avoir eu.  Tenir tête à la hausse des frais peut avoir un effet anti-populaire.  C’est pourtant un choix éclairé qui n’est pas abusif.

Faut arrêter de croire que tout nous est dû, que tout est gratuit.  Il faut réaliser que dans la vie, il faut travailler pour obtenir ce que l’on veut, qu’il faut des sacrifices.  Il faut sortir de son petit nombril individuel pour avoir une vision plus grande, à plus long terme.

Depuis le début, la seule chose qui me vient en tête c’est que j’ai l’impression d’assister à une génération de bébé gâté qui ne se sont jamais fait dire non pour rien.  Ben c’est ça la vraie vie: on ne peut pas tout avoir et il faut parfois accepter un NON comme réponse!

Pensez-y bien et vous m’en redonnerez des nouvelles!